L'association
Les réunions à l'étage de la taverne liègeoise, à l'école des beaux arts, rue des foulons ou dans le petit atelier de la rue du pont de pierres étaient toutes empruntes de camaraderie, de convivialité, d'entraide, d'une certaine modestie dans l'appréciation du travail de chacun associée à une réelle volonté de progresser.Cette volonté de toujours mieux maîtriser son art, de proposer au public des oeuvres de qualité trouvera en 1956 un lieu idéal pour se concrétiser et s'épanouir. C'est en effet à cette date que la ville de Douai ,propriétaire par donation de la maison Duhem ,sise au 10 de la rue d'Arras, attribue à l'Association des Artistes Douaisiens l'usage exclusif de l'atelier d'Henri et de Marie Duhem ,situé au 1er étage de l'immeuble, le bas restera jusqu'en 1988 un simple garage. C'est à cette date que la ville restaurera la façade de l'atelier ,supprimera le garage et créera un second espace de travail et de réunion qui complètera l'atelier du premier étage. Ainsi le 10 de la rue d'Arras redevient à dater du 13 Janvier 1956 un lieu de rencontre, de travail.... et de convivialité !!

Ainsi se rejoignent dans le flux de l'histoire Douaisienne le cours interrompu de la vie d'une grande famille d'artistes douaisiens et celui d'une association dont l'ambition annoncée aurait sûrement enthousiasmé Henri et Marie Duhem, artistes mais également mécènes , collectionneurs, amis de nombreux artistes reconnus de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème. L'hôtel de la rue d'Arras était en effet un vrai musée regroupant des oeuvres de Monet, Gauguin, Le Sidaner, Pissaro, Signac, Breton, Rodin. Mais c'est là une autre histoire.....

Précisons toutefois que ce legs fut le dernier acte d'un homme soucieux d'aider les jeunes artistes et d'oeuvrer pour la vie et le développement des arts dits académiques. N'oublions pas egalement qu'Henri Duhem, malheureusement seul après le décès de son fils en 1915 et celui de son épouse en 1920, consacra une grande partie de son temps à la réorganisation du musée de la Chartreuse après les dégats subis lors de la première guerre . Il fut avec Stéphane Leroy, peintre local, l'un des conservateurs de ce musée.Les premières années de la vie de la nouvelle association furent riches en activités artistiques (en particulier travail collectif de dessin avec modèle vivant, peinture sur chevalet )mais aussi en activités que l'on peut qualifier de "sociales" ou "éducatives".Dans l'ordre de l'éducatif ,il faut mentionner la participation de certains artistes à des ateliers au sein d'écoles douaisiennes, André Lemoine, Norbert Tréca, Claudine Bernard, Daniel Huet vinrent présenter leur travail ,leur technique aux écoliers. Dans l'ordre du "social" il faut évoquer certaines réunions à l'occasion de la St Luc, patron des artistes en général, qui furent, selon certains des participants encore membre de l'Association, mémorables. Il ne serait pas délicat de mentionner ici ce qui y fut bu et mangé par contre il serait dommage de passer sous silence les textes écrits pour ces occasions par Louis Desmoulin, allias Louis Desmenie , entre autres : Tête de l'Art 1957 et Gare au Spout-Luc 1958.Il s'agit de deux "revuettes" écrites spécialement pour la St Luc. Elles évoquent de manières humoristiques, en partie en patois (Gare au spout-Luc), avec des paroles à chanter et à dire, la vie et les activités des membres de l'Association.A ces oeuvres créées spécialement pour la St Luc il faut ajouter les cartes de voeux dessinées par Claude génisson, Georges Michels ou Robert Godelier, destinées aux autorités locales à l'occasion de la nouvelle année.L'atelier retrouvait ainsi une âme, réchauffée à l'époque par un énorme poêle Godin que des cambrioleurs indélicats emportèrent dans les années quatre-vingt avec un grand nombre d'objets en cuivre (des instruments de musique en particulier) déposés là par certains membres de l'association pour compléter les plâtres et autres objets destinés au travail du dessin.Cet état d'esprit n'empêchait pas les discussions parfois houleuses entre certains membres à propos de certaines candidatures pour l'entrée au sein de l'association, du choix des invités d'honneur ou des modalités d'organisation de l'exposition annuelle.

A
Un nouveau départ dans de nouveaux murs.
La Société des Amis des Arts venait de renaître de ses cendres sous une nouvelle appellation mais avec, fondamentalement les mêmes objectifs :"Faire connaître par des expositions les artistes douaisiens , inviter des artistes étrangers à la ville en vue d'une décentralisation artistique ,aider les jeunes artistes" extrait des statuts officiels de l'association.
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La salle d'Anchin
Ce salon fut monté la première fois dans l'ancienne salle de la société des amis des arts, dans les "combles" de l'hotel de ville. L'inadéquation du lieu amena la municipalité alors dirigée par Mr Sarazin, à aménager la Salle Basse et la Halle aux draps. En 1983 sous la présidence de Mr Vernier, Maire et de Mr Fenain, maire honoraire, le 30ème salon fut inauguré sous les magnifiques plafonds en bois sculpté de la salle d'ANchin, réaménagée et dotée de nouveaux panneaux d'exposition. C'était également le 30ème anniversaire de la création de l'Association, le 30ème anniversaire de la présidence d'André Lemoine, membre fondateur. Il reçut à cette occasion, des mains de Robert Bouquillon, un album où chaque membre de l'Association avait mis une oeuvre originale.Les salons se succédèrent alors sans interruption, toujours salués par une presse parfois dithyrambique, peu avare d'espace pour présenter les vernissages, les invités d'honneur, les oeuvres ou les membres au travail lors du montage de chaque salon. André Lemoine laissa la présidence l'année suivant à Alain Cojan qui lui même en 2005 laissa la présidence à Léon Szymkowiak, toujours à la tête de l'Association. Des membres nous quittaient. La liste est longue à ce jour. Mais certains de ceux qui vécurent les toutes premières heures de l'Association sont encore parmi nous et parfois encore actifs en son sein: Alain Cojan, Claude Génisson ,Daniel Huet ,Georges Michels, Jean Tavernier et Norbert Tréca.L'atelier Duhem est devenu le siège officiel de l'association. L'étage reste un atelier, conservé dans son état initia, le rez-de-chaussée, entièrement réhabilité et repeint accueille les réunions du bureau de l'association, les stages organisés par des membres pour les membres.... mais également des rencontres plus conviviales et festives, en particulier chaque année lors des journées portes ouvertes d'atelier d'artistes, organisées par la région Nord-Pas de Calais au mois d'octobre.Cet atelier devait se prolonger par la mise à disposition de locaux situés en haut de la porte de Valenciennes et transformés pour accueillir des artistes. Un autre projet évoquait un "musée des artistes douaisiens" au sein de l'ancien Hôtel Dieu ou au sein de l'ancien Hôpital militaire. Ces deux projets évoqués, par Jacques Vernier, lors du vernissage du salon en 1983 et 1995 ne virent pas le jour mais ont fait rêver bien des membres de l'Association.L'Association des Artistes Douaisiens a pris l'habitude de fêter chaque dizaine passée depuis 1983. Le 60ème anniversaire sera lui aussi dignement fêté en souvenir des disparus et en hommage aux artistes présents et à venir.


Une tradition douaisienne bien établie
Dire que Douai a vu, dans ses murs, naitre et vivre de nombreux artistes dont la célébrité rayonna parfois au-delà de nos frontières, est aujourd'hui une évidence. Ce foisonnement trouve son origine dans une ville qui dès le 18ème siècle essaya de favoriser et de développer la pratique des arts au sein de sa population. En est la preuve cette ordonnance du 14 Février 1777 où les échevins de Douai décrètent que les apprentis ne pourront se voir interdire la fréquentation de l'Ecole gratuite de dessin parce qu'"il était de l'intérêt public d'achever, pour l'avancement de la jeunesse, le bien que nous avons commencé en établissant l'Ecole Gratuite de Dessein "(extrait de l'ordonnance)Ce qui n'était alors qu'un certain état d'esprit, une ambiance favorable aux arts en général prit forme en 1821 à travers la création de "La Société des Amis des Arts de Douai" dont nous aurions pu fêter le bicentenaire, dans quelques années, si la dernière guerre ne l'avait entraînée dans ses ruines. Le flambeau ne resta pas longtemps sans flamme, ni lumière et c'est curieusement, associée à une manifestation plus économique que culturelle, qu'une nouvelle association artistique vit le jour. C'est sous l'impulsion de Maurice Devinck, alors secrétaire de l'union du commerce, que quelques artistes, Jacques Pottier, Jean Gaudin, Jean Vandevyver, Louise Locoge, André Lemoine, Georges Michels, entre autres, tous attachés à divers titres à l'Ecole des Beaux Arts alors sise 22 rue des Foulons, furent invités à participer à la foire commerciale de Douai en exposant leurs oeuvres.André Lemoine, alors administrateur de l'Ecole des Beaux Arts depuis 1946, nommé officier d"Académie en 1953, en reconnaissance de son travail à l'Ecole des Beaux Arts, homme d'idées et de projets invita les artistes volontaires a fondé une nouvelle association (il en restera le président pendant trente ans). C'est à l'étage de la taverne Liégeoise, aujourd'hui disparue, rue de Bellain que se constitua, fin 195, le bureau et le comité de la nouvelle association. l'Association des Artistes Douaisiens venait de naître, sur des Fonds Baptismaux où l'eau bénite fut certainement remplacé par la bière ! la déclaration officielle à la sous-préfecture ne fut faite que le 22 Février 1954.
L'atelier DUHEM
 
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